• Editorial

Quantitatif et qualitatif

Editorial

This Rutishauser

Directeur de la rédaction JFS

Les méthodes quantitatives 1 et 2, ainsi que les méthodes qualitatives 1 et 2 constituaient la formation méthodologique de base en géographie lorsque j’ai commencé mes études à l’université de Berne à la fin des années 1990. La géographie classique et intégrale, ainsi qu’une compréhension approfondie du système homme-environnement étaient enseignées avec succès depuis des années. Elles constituaient la base de la notion moderne de «développement durable». Conformément à l’esprit du temps, les unités d’enseignement ont été fragmentées et divisées en deux parties sur le plan organisationnel. Les étudiants étaient soumis à des tests difficiles: tandis que certains devaient se débattre avec des équations de régression multiples, d’autres échouaient à formuler des questions pour une enquête socio-géographique approfondie, réduisant de manière déductive l’explication de l’ensemble au lieu de la rechercher de manière inductive.

En feuilletant le nouveau numéro du JFS, je remarque aujourd’hui que certains s’emploient avec beaucoup d’engagement à trouver des corrélations statistiquement significatives pour prouver l’influence des corps célestes sur la qualité du bois abattu, influence attestée depuis des siècles par l’expérience. D’autres encore analysent des indicateurs quantitatifs relatifs aux réserves de bois, à la croissance et aux pertes dans l’inventaire forestier national (IFN), puis formulent des recommandations pour l’exploitation future sur la base de données solides. Les termes «qualitatif» et «quantitatif» étaient également omniprésents dans les débats politiques sur la conservation des forêts lors de l’assemblée annuelle de la SFS à Soleure.

Au vu de toutes ces discussions, une chose m’apparaît clairement: même si des chiffres solides viennent étayer le succès de la loi sur les forêts, ce sont des arguments qualitatifs et politiques qui déterminent finalement la quantité et le type de forêt que nous voulons. Le fait que le bois de lune soit relégué au rang d’argument marketing me conforte dans cette idée.

Il serait judicieux de toujours considérer l’IFN et le bois de lune dans une perspective plus large et de ne pas se contenter de gérer la forêt à l’aide de chiffres. Le recours à différentes méthodes et approches est l’un des atouts des spécialistes forestiers, atout que nous devons préserver à l’avenir.

Schweiz Z Forstwes 176 (5): 242