• Connaissances

Les ressources suisses en bois évoluent: tendances en 40 ans d’IFN

Esther Thürig1*, Jeanne Portier1, Barbara Allgaier Leuch1, Fabrizio Cioldi1, Anne Herold1, Golo Stadelmann1, Christian Temperli1, Thomas Wohlgemuth1, Brigitte Rohner1

1Eidg. Forschungsanstalt für Wald, Schnee und Landschaft WSL, Birmensdorf (CH)

L’Inventaire forestier national suisse (IFN), avec sa série de mesures longue de presque 40 ans, recueille des données représentatives sur la forêt suisse. Lancé en 1983, l’IFN recense depuis lors plus de 6600 placettes permanentes et plus de 80 000 arbres sur un réseau régulier. Nous utilisons les résultats intermédiaires du cinquième inventaire (IFN5; relevés 2018/2022, c’est-à-dire cinq années de mesure sur neuf) publiés en mai 2023 pour présenter les tendances à long terme en termes de stock, d’accroissement, d’exploitation et de mortalité sur l’ensemble des inventaires pour la Suisse et les régions biogéographiques. A l’échelle nationale, le volume de bois a régulièrement augmenté entre l’IFN1 (1983/1985) et l’IFN4 (2009/2017), avec une tendance à l’augmentation du volume de feuillus. Depuis, le matériel sur pied est resté à peu près constant, à 420 ±5 millions de m3. La moitié de ce volume se trouve dans les régions biogéographiques du Plateau et du versant nord des Alpes. Depuis l’IFN2 (1993/1995), le matériel sur pied diminue dans la région du Plateau et augmente de façon continue dans presque toutes les autres régions. La région biogéographique du Jura constitue une exception: les résultats intermédiaires de l’IFN4–IFN5 attestent pour la première fois d’un net recul des volumes sur pied et d’une augmentation correspondante de la mortalité (dans l’IFN: volume de bois de tige des arbres qui sont morts ou ont disparu naturellement entre deux inventaires, mais qui n’ont pas été exploités). Alors que les volumes d’exploitation forestière sont restés relativement stables dans toute la Suisse depuis l’IFN1, à savoir entre 7 et 7.5 millions de m3 par an, la mortalité a considérablement varié, tant entre les régions qu’au cours du temps. En raison des violentes tempêtes hivernales de 1999/2000, des années de sécheresse à partir de 2018 et des dégâts de bostryches qui ont suivi, les exploitations forcées ont représenté 30 à 40% des exploitations totales tant entre l’IFN2 et IFN3 qu’entre l’IFN4 et IFN5. Ce suivi constitue un fondement pour une gestion forestière adaptée aux changements climatiques. L’IFN est ainsi une importante source de données pour la science, la politique, les propriétaires forestiers, l’industrie et les autorités.

Schweiz Z Forstwesen 176 (5): 244–253.https://doi.org/10.3188/szf.2025.0253