• Connaissances

Plantations expérimentales d’essences d’avenir: résultats de la phase de croissance initiale

Connaissances

Julia Schwarz1,*, Kathrin Streit1

1 Eidg. Forschungsanstalt für Wald, Schnee und Landschaft WSL, Birmensdorf (CH)

Abstract

Le changement climatique pose de nouveaux défis à la sylviculture. Les températures augmentent, les étés sont plus secs, et de nombreuses essences pourraient ne plus être adaptées à leur environnement actuel à l’avenir. Les données stationelles permettent ’de recommander des essences appropriées pour l’avenir. Cependant, nos connaissances restreintes sur leurs exigences climatiques et stationelles limitent la fiabilité de ’ces recommandations. Entre 2020 et 2023, l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), les services forestiers cantonaux, les exploitations forestières, les pépinières et le WSL ont mis en place le réseau «Plantations expérimentales d’essences d’avenir». Dans ce cadre, 18 essences sont testées sur de larges gradients climatiques et pédologiques. Afin de vérifier si elles peuvent déjà prospérer aujourd’hui sur des stations qui leur conviendront à l’avenir, des plants ont également été plantées jusqu’à deux étages de végétation au-dessus de leur aire de répartition actuelle. En 2023 et 2024, un inventaire de la mortalité et des dommages subis par les quelque 55 000 jeunes arbres a été effectué. Les données ont été évaluées afin de déterminer l’influence des caractéristiques des plants, de l’essence, de la station et des conditions environnementales sur la survie et la vitalité. Dans le présent article, nous partageons les premières conclusions concernant la phase initiale de croissance et montrons qu’il existe des différences marquées dans la mortalité entre les ’essences au cours des premières années suivant la plantation, avec des taux de survie moyens compris entre 58 % et 90 %. Le choix des essences a eu une influence plus importante sur la mortalité que la période de plantation ou la grandeur des plants. De plus, la disponibilité en eau sur le site et l’altitude ont eu une influence notable sur la survie des jeunes arbres, avec des pertes particulièrement élevées (>30 %) dans les zones collinaires et subalpines. Nos résultats montrent que certaines essences peuvent déjà réussir à s’établir aujourd’hui des stations qui ne seront considérées comme appropriées pour elles qu’à la fin du siècle.

Schweiz Z Forstwesen 177 (2): 102–110. doi:https://doi.org/10.3188/szf.2026.0102